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: Baisse de niveau des élèves et intégration des contractuels dans les écoles primaires. Analyse sociologique du phénomène. avril 10 2012

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Présenté par : Ibrahim Abdourahamane Halid    

 Section : socio III

                                       

 

PLAN

Introduction

I -  Historique du contrat dans le secteur de l’éducation et définition de  quelques concepts

1.1    Historique du contrat  dans le secteur de l’éducation

1.2     Définitions de quelques concepts

 

II -  Recrutement des contractuels, leur intégration dans les  écoles et leur niveau de compétence

2.1 Recrutement des contractuels

2.2 Leur intégration et leur niveau de compétence

III -  Baisse de niveau due aux contractuels et               d’autres facteurs contribuant à la baisse de niveau

3.1 Baisse de niveau due aux contractuels

3.2 Baisse de niveau due à d’autres facteurs

                                  Conclusion

                          

                             Bibliographie

 

Introduction

    Le Niger, un pays sahélien, en voie de développement est confronté à des problèmes de satisfaction des besoins de sa population en matière de service sociaux de base dont l’éducation. Dans le secteur de l’éducation, il y avait une forte demande sociale de l’éducation et les ressources allouées au secteur de l’éducation étaient très limitées par rapport à la demande croissante en scolarisation. Face à cette situation, le gouvernement nigérien a décidé d’intervenir en promulguant, le 1er juin 1998, la première loi d’orientation globale du système éducatif connue sous le nom de LOSEN. Cette loi établissait une série d’objectifs à atteindre en vue de l’éducation pour tous. Parmi ces objectifs figurait l’accélération de la scolarisation, par le recrutement massif d’enseignants, mais avec les ressources limitées, les autorités nigériennes ont alors envisagé le recrutement des enseignants contractuels peu ou mal formés et qui ont un salaire inferieur à celui des titulaires.

    Cependant la contractualisation a certes permis l’augmentation de l’offre, à ce titre l’opinion publique pense que cette politique a beaucoup contribué à la baisse de qualité de l’apprentissage. Nous avons remarqué aussi une baisse de niveau chez les élèves du primaire et c’est en ce sens que nous avons jugé utile à travers notre sujet de faire une analyse sociologique du phénomène et voir la situation de plus près. Cette baisse est-elle due essentiellement aux contractuels ou bien d’autres facteurs entrent en jeu ?

 

 

 

 

 

 I -  Historique du contrat dans le secteur de l’éducation et définition de  quelques concepts

1.1         Historique du contrat  dans le secteur de l’éducation

 

       Avant l’institution du contrat dans le secteur de l’éducation, c’était d’abord un autre type de recrutement basé sur le volontariat commencé en 1998  et qui avait pris fin en 2003. Les principaux raisons qui avaient poussé le gouvernement  à son institution étaient tout d’abord de  pallier à l’insuffisance des enseignants dans les niveaux primaire et secondaire. En plus de cette insuffisance  s’ajoute  des  contraintes  d’ordre  financières  qui  ne permettaient  à  l’etat  de  recruter  des  enseignants titulaires. En effet, le volontariat permettait  à  l’etat  de  mettre  à  la  disposition  des écoles, des enseignants  en  quantité  et  à  moindre  coût. Malheureusement  ce  système de  volontariat  avait  montré  ses  limites et il y avait un conflit sans perspectives  entre  le  gouvernement  et  les  volontaires.  Ainsi cela a conduit à  son abrogation  pou r les uns  et  sa  reforme  pour  les autres  et  prend  le nom  de  contrat. Enfin  l’emploi  du  terme  contrat  ajoute  une  dimension juridique  à  la  reforme.

 

1.2         Définitions de quelques concepts

      Comme  la  dit  Emile  Durkheim, le  père  de  la sociologie  moderne, il  faut toujours  définir  les  concepts  afin  de les démarquer  de  la  confusion  qui caractérise  le sens  commun. Ainsi, c’est  à  cet  effet  que l’on définit  ces concepts :

Contrat : selon  le  dictionnaire  Wikipedia, se  défini t comme  une  convention formelle  ou  informelle  passée entre deux parties ou davantage  ayant  pour objet  l’établissement  d’obligations  à  la  charge  ou  au  bénéfice  de   chacune des parties. Les parties  aux  contrat,  personnes  physiques  ou  morales doivent  avoir  la  capacité  pour  s’engager. Une  fois  le contrat  régulièrement conclu, il lie  les  deux  parties  au  contrat, la  conséquence  est  qu’en  cas d’inexécution  d’une  obligation  par  le  contractant  débiteur, la  partie créancière  pourra  se  prévaloir  du  contrat  pour  demander  compensation  en  justice.

Contractuel de l’enseignement : est  une  jeune  personne  diplômée sans emploi  ayant  opter  de  bon  gré  et  en  toute  responsabilité  d e se  mettre  à  la  disposition du ministère de l’éducation nationale en vu de dispenser des cours  dans  les écoles  de  l’enseignement  du  premier degré.  Il est alors  lié par  la  collectivité  par  un  contrat  dûment  signé  par  les  deux  parties.

Alors  qu’en  est-il  de   leur  recrutement ?

 

 

II - Recrutement des contractuels , leur intégration  dans les  écoles et leur niveau de compétence

2.1 Recrutement des contractuels

      Un test  de  recrutement  est  ouvert  à  l’intention de toute personne désirante  enseigner  au  cycle  de  base  I  à  titre  de  contractuel. C’est  ainsi qu’un  test  est  organisé  par  le  service  des  contractuels  en  relation  avec  les  directions  régionales  de  l’éducation. En  effet, ce  test  est  ouvert  aux jeunes  nigériens  des  deux  sexes  âgés  de  18  ans  au  moins  et  de  35 ans  au  plus  et  titulaire  de  l’un  des  diplômes  suivants : BEPC ( brevet d’étude du premier cycle) ; CFEEN (certificat de fin d’étude des écoles normales) et le BAC (baccalauréat) ou  tout  autre  diplôme  équivalent. A   l’issu  de  ce  test  les résultats  sont  proclamés  au  niveau  de  chaque  région  sur  la  base  du  quota  alloué  à  chacune  d’elle  par  le  secrétaire  général  du  ministère  de l’éducation  nationale. Qu’en  est-il  de  leur  intégration ?

 

 

2.2 Leur intégration et leur niveau de compétence

      Ces  nouveaux  enseignants  appelés  contractuels  sont  mis  à  la disposition des différentes  inspections  pédagogiques  puis  affectés  dans  les différentes  écoles, ils  doivent  s’engager  pendant  la  durée  du  contrat   à  assurer  les  cours  dans  les écoles  primaires  relevant  de  la  direction régionale  de  l’éducation  ayant  procédé  à  leur  recrutement,  accepter  le  lieu  d’affectation  qui  leur sera  proposé,  accepter  le  calendrier  scolaire ainsi que  les  horaires  des  cours  en  vigueur,  se  soumettre  aux  contrôles pédagogiques  et  tout  autres  types  de  contrôles  permettant  de  juger  de  l’efficacité  de  leur  travail.

        Cependant   notons  que  ce  nouveau  corps  d’enseignant  n’a  qu’une  formation  initiale  de  45 jours. En  plus  de  tout  cela beaucoup   n’ont  aucune compétence  professionnelle,  c’est-à-dire  qu’ils  ne  sont  pas  passés  par  une école  de  formation  des  enseignants  excepté  les diplômés  des  écoles normales.  Alors  là  se  pose  la  question  de  leur  capacité  à  transmettre  les connaissances  requises  aux  jeunes  enfants  qui  sont  à  leur Mercie.  En  effet instruire  seulement  ne  suffit  pas  il  faut  que  les  valeurs  transmises  soient de  bonne  qualité. Cela  n’a-t-il  pas  une  incidence  sur  le  niveau  des  élèves ?

 

III - Baisse de niveau due aux contractuels et  d’autres facteurs contribuant à la baisse de niveau

3.1 Baisse de niveau due aux contractuels

     Avec  l’avènement  de  la  contractualisation  dans  le  secteur  de  l’éducation  et  leur  intégration  dans  les  écoles  primaires  qui  sont  notre   champ  d’étude  l’on  constate  une  baisse  de  niveau  des  élèves. Notons  aussi  par  là que  les  contractuels  sont  plus  nombreux  que  les  titulaires  et que de nos jours le métier d’enseignent n’est pas ou n’est plus exercé par vocation  et  est  considéré  par  certain  d’entre  eux  comme   un « gagne-pain ».

      Ainsi  les  jeune meurtri par le chômage, saisissent l’occasion qui se présente  à  eux  pour  décrocher un emploi et ambrasse ce métier d’enseignant  contractuel. Il  en  découle de  cela  des problèmes dans leur travail. En effet , il y a plusieurs facteurs de baisse de niveau liés aux contractuels  mais  l’on  ne  va    citer  que certains d’entre eux :

      Manque  de qualification professionnelle : la majorité d’entre eux ne sont pas passés par des écoles de formation des enseignants et à ce niveau se pose la question sur leur capacités à transmettre le savoir, autre facteur aussi, c’est la corrupuption, vous allez certainement vous poser la question par comment ? je parle de la corruption dans l’obtention des diplômes qui permettrons à la personne de pouvoir faire le test de recrutement, par exemple le BEPC : prenons au hasard le cas d’une ménagère qui a le niveau 5ème et qui obtient ainsi son BEPC, cette personne même si elle arrive à être choisie parmi les contractuels, je me pose et vous pose la question par quel moyen a-t-elle  pu  passé ? quelle  connaissances  va-t-elle  enseigner  au  élèves?

      Cependant même si tel n’est pas le cas, il y a aussi la faible qualité de leur formation initiale, le bas niveau de scolarisation de beaucoup d’entre eux, la non maitrise du nouveau programme et le manque ou l’insuffisance de la pédagogie pour enseigner. Par quel moyen vont-il transmettre le peu de savoir qu’ils ont ? et à titre illustratif une étude menée par RABIOU, RAKIA et BOUBE [1] montre que «…. les enseignants titulaires qui les côtoient, affirment que les contractuels sans formation sont très nuls, ceux ayant reçu une formation pédagogique de 45 jours sont médiocres et ceux sortis des ENI sont passables et font preuve d’un peu plus de professionnalisme »

Et  une  enseignante  titulaire  nous a  confié  que : « souvent  s’ils  ne comprennent  pas  une  leçon, la  saute  en se  disant ce  n’est  pas  grave, une fois  à  la  leçon  suivante, s’il  sont  bloqués  et  c’est  à  ce  moment  qu’il  se rende  compte  qu’il  leur  faut  comprendre  la  leçon  précédente ». Qui en sont  alors  les  victimes, sûrement  pas  ces contractuel  mais  les  élèves.

     En  plus  parmi  ces  facteurs  se  trouve  le  non  respect  des  horaires  des  cours  et  aussi  l’abandon  des  postes  en  cours  d’année   et  enfin  le  non payement  ou  le  payement  tardif  des  salaires, les  poussant  à  des  arrêts  de travail  et  des  grèves  répétitives  pour  revendiquer  leur droit. Par conséquent  à  cause  des  grèves  découle  une  mauvaise  préparation  des cours  de  la  part  des  grévistes  par  manque  de  motivation.  A  cet  effet  il  y a  la  non  exécution  du  programme  dans  sa  totalité, ceci  contribue   de manière  considérable  à  la  baisse  de  niveau  des élèves. Cependant  à  part ces  facteurs  n  y  a-t-il  pas  d’autre  facteurs  contribuant  à  cette  baisse  de  niveau?

 

3.2 Baisse de niveau due à d’autres facteurs

     Rappelons qu’au paravent l’enseignement était sélectif, c’est-à-dire qu’on choisi les produits les plus aptes. Hélas de nos jour, c’est l’enseignement de masse, l’on laisse les élèves passer aux classes supérieures sans pour autant avoir les connaissances nécessaires. Pire encore on peut trouver des élèves en classe d’examen qui ne savent pas bien lire et même bien écrire, que vont-ils devenir?

     L’insuffisance d’infrastructure et le sur chargement des classes contribue aussi à la baisse de niveau en ce sens que : plus de trois (3)  élèves sur une même table et aussi parfois un seul livre de lecture. En cas d’élèves en difficulté l’enseignant ne peut les suivre personnellement compte tenu de leur nombre, le temps imparti pour la lecture  par  élève  est  insuffisant.

     Toujours  selon l’étude menée par RABIOU, RAKIA et BOUBE[2], elle   montre ce qui suit : « La formation initiale est jugée insuffisante par 71% des encadreurs pédagogiques, directeurs d’écoles, conseillers pédagogiques et inspecteurs,  enquêtés sur la base des arguments suivants :

- Durée insuffisante (une année) ;

- L’inadaptation des contenus des programmes aux besoins du terrain ;

- La mauvaise organisation, voire l’insuffisance des stages pratiques ;

- La formation est plus théorique que pratique ;

- La complaisance dans les évaluations ;

- Le manque de qualification des formateurs ;

- Le manque de rigueur dans le processus de la formation dispensée dans les ENI.

Les directeurs régionaux de l’éducation ont pour leur part situé l’insuffisance de la formation initiale à deux niveaux :

1. le manque de qualification des formateurs; et

2. l’insuffisance de la durée de la formation. »

 

 

 

 

 

 

CONCLUSION

Le système éducatif nigérien est régit par une loi, la loi d’orientation du système éducatif nigérien, loi N°98-12 du 1er juin 1998. Elle rend l’éducation obligatoire pour tout nigérien ayant l’âge d’aller à l’école. Cependant avec la forte demande scolaire et le peu de ressources financières de l’Etat, il a été choisi le recrutement massif des contractuels peu ou pas qualifiés avec un salaires très inferieur à celui des titulaires pour répondre à la demande.

Cependant on assiste à une baisse de la qualité de l’apprentissage, une baisse de niveau autrement dit. Ainsi une partie  de la baisse est due aux contractuels et une autre à  d’autres facteurs.

.

 

 

 

 

 

                                         BIBLIOGRAPHIE

 

1)   ME 858 - KALILOU(Seydou Moussa)- le volentariat     de l’éducation dans le système éducation nigérien de 1998 à 2003 : Regard sociologique et raison d’abandon, Niamey, 2003-2004

2)   ME 1008 – GARBA KATIELLA (Tidjani)- du passage automatique à la problématique de la baisse de niveau en milieu scolaire : analyse sociologique du phénomène à partir de l’observation de l’école primaire Sabongari (Niamey)- Niamey , 2007

 

3)   RABIOU, Rakia (Madame) et BOUBE, Mamane, 2007. Impact de la contractualisation sur la qualité de l’enseignement et des apprentissages au cycle de base 1 au Niger. Rapport d’étude réalisé dans le cadre du programme 2006 des petites subventions pour la recherche du ROCARE.

 

   4 ) Jean-Marc Bernard, Beïfith Kouak Tiyab, Katia Vianou

         PASEC / CONFEMEN,

 2004 ,Profils enseignants et qualité de l’éducation primaire                                              en Afrique subsaharienne

francophone : Bilan et perspectives de dix années de recherche du PASEC



[1] RABIOU, Rakia (Madame) et BOUBE, Mamane, 2007. Impact de la contractualisation sur la qualité de l’enseignement et des apprentissages au cycle de base 1 au Niger. Rapport d’étude réalisé dans le cadre du programme 2006 des petites subventions pour la recherche du ROCARE.

 

[2] RABIOU, Rakia (Madame) et BOUBE, Mamane, 2007. Impact de la contractualisation sur la qualité de l’enseignement et des apprentissages au cycle de base 1 au Niger. Rapport d’étude réalisé dans le cadre du programme 2006 des petites subventions pour la recherche du ROCARE.





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